b     Généralités sur la Poste

 

Intimement liée à la vie de tous les jours, élément  usuel des relations de tout ordre entre les individus, la Poste a depuis ses origines beaucoup apporté à la progression de l'humanité en assurant les communications écrites entre les hommes.

Une longue et intéressante suite d'événements a marqué les étapes de cette évolution au cours de laquelle la Poste, quel que fût le support de la pensée dont elle est la messagère - argile, cire, papyrus, parchemin ou papier - a établi le lien entre les hommes, préparé les échanges, diffuser les idées, assuré les contacts, transmis les ordres.

Cependant, malgré l'importance de ce rôle, son histoire, du moins pour la France, est assez mal connue

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Le Roi vient de signer une lettre qu'il remet à un messager à pied lequel va se charger de la transmettre au destinataire indiqué.

Jusqu'au Moyen Age la transmission du courrier était réduite puisque le messager à pied était limité par sa propre fatigue alors que le chevaucheur l'était lui par la fatigue de sa monture. A cette époque la poste était soit Royale ou privée (messagers de l'Université par exemple). Louis XI, frappé de cet inconvénient qui nuisait au bon ordre de ses affaires, organisa un service de relais pour les chevaucheurs du Roi : la poste aux chevaux. Le relais qui livrait une monture fraîche en échange d'un cheval fourbu, permettait à l'envoyé du Roi d'aller sans arrêt au bout de sa course puisque la durée de l'étape n'était plus limitée à la fatigue du cheval. Si le Roi n'estimait pas indispensable l'envoi d'un de ses chevaucheurs, le pli était remis au titulaire de la première poste que l'on appelait 'chevaucheur tenant la poste pour le Roi' pouvait de main en main, atteindre le point terminus de la route postale.
 
Trois événements importants pour l'histoire postale marquèrent le règne d'Henri IV : l'institution d'un service de relais sur les chemins de traverse du royaume qui n'existait auparavant que sur les grandes routes, ensuite la mainmise de l'administration sur les services de louage de chevaux et donc une restriction nouvelles à la liberté de la route c'est à dire un véritable monopole postal, puis la création de la poste aux lettres.
   
En 1627, Pierre d'Alméras établissait, en vertu des pouvoirs attribués à sa charge d'Intendant Général des Postes,  le premier règlement qui fixait le tarif applicable aux objets transportés. Le tarif n'était pas compliqué puisqu'il ne prévoyait que quatre destinations et trois taxes, une pour la lettre simple, l'autre pour les petits paquets n'excédant pas une demi-once et la troisième par once pour les paquets dépassant ce poids. Ces taxes étaient de 3, 5 et 8 sols pour Bordeaux; 3, 4 et 5 pour Lyon; 3, 5 et 8 sols pour Toulouse; enfin 2, 3 et 4 sols pour Dijon.
       

Louvois s'attacha à améliorer le fonctionnement de la Poste, avant que celle ci ne se développe encore plus sous l'impulsion d'un groupe financier les Pajot-Rouillé. A l'approche de la Révolution, l'Ancien Régime légua un monopole intégral du transport de la correspondance avec un réseau assez dense et suffisamment desservi pour satisfaire aux nécessités de l'époque et au besoins de la Nation.

       

Ce n'est seulement qu'en août 1848, la nouvelle Révolution aidant, que les députés adopteront un texte pour instaurer le tarif unique de la taxe pour l'envoi d'une lettre simple de bureau à bureau sur le territoire, donc sans considération de distance comme auparavant.
Cette nouvelle disposition aura pour conséquence de faire payer le port à l'expéditeur, au lieu du destinataire, au moyen d'un timbre-poste collé sur le pli.
C'est exactement le 1er janvier 1849 que le premier timbre-poste d'usage courant à 20 centimes, de couleur noire, représentant une effigie de la déesse Cérès, fût vendu dans les bureaux de la poste aux lettres.